– Bonjour Père, comment allez-vous ?
– Je rencontre un certain nombre de difficultés au travail, dont certaines qui échappent à mon contrôle. Tu sais dans la vie, mon fils, il faut savoir ne pas s’impliquer dans les choses qui nous échappent. Se concentrer sur sa besogne, développer ce que l’on possède et ne pas se préoccuper de ce que l’on ne possède pas.
– Oui je comprends bien Père, vous savez, il faut que je vous dise quelque chose. J’ai surpris votre conversation hier soir, concernant les Cyrulvnik et le autres…
– L’indiscrétion est un vilain défaut, saches le. Tu n’as pas à te préoccuper de cela, tu es jeune, ta préoccupation doit aller vers la réussite de ta préparation aux grandes écoles.
– Je sais bien, mais tu sais ce qu’ils vont leur faire ?
– Ils vont me les retirer de l’usine pour les envoyer en Allemagne je présume. De si bons employés, c’est quand même parfois anti-productif la politique. Mais bon, c’est comme ça, je ne vais pas me mettre à dos les autorités, on va continuer à produire des pièces pour les chars allemands. Même si on a pas eu le choix, on a pu au moins préserver la propriété de l’usine, c’est quand même préférable au communisme. Quand la guerre sera finie, on pourra reprendre la conception et la fabrication de nos pièces d’emboutissage pour les activités civiles porteuses de progrès. On aura oublié tout ça.
Je te souhaite une belle nuit mon fils.
– Mais attendez Père, on parle de la vie de personnes qu’on connait, on pourrait peut-être trouver un plan pour les sauver qui ne nous mettent pas à dos les autorités.
– C’est la guerre, tu as eu une chance inestimable de ne pas être mobilisé, cela s’est joué à quelque mois, profites-en pour réussir dans tes études. J’ai connu la Marne, la mort je l’ai vu. Ils les envoient travailler en Allemagne, c’est tout. N’écoute pas ce que peuvent dire les communistes. Bonne nuit, fils.
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