Je définirais le verbe « aimer » comme le phénomène sensoriel et psychologique qui fait qu’on apprécie et qu’on est attiré par quelque chose. Aimer est un doux désir, il est le phénomène psycho-hormonale de la confiance, de la motivation et de la fidélité. Il donne à notre corps-être du plaisir quand notre imagination et notre expérience servent les intérêts de la vie.
L’antagoniste de l’amour : la victimité
« Là où il y a de la joie, il y a de l’amour » disait Spinoza, on pourrait dire aussi « la où il y a de l’anxiété et de l’agressivité, il y a de la victimité ».
On ne peut pas aimer et se sentir mal. S’attacher et se sentir mal, ça oui, c’est possible, et même c’est fréquent et potentiellement lié (on le verra à la fin de cet article).
Quand on se sent victime, on a envie d’éviter, de cogner ou de sursauver, tous ces trucs qui n’aident pas à aller bien et qui enveniment la situation. Se sentir blessé, rejeté, dévalorisé, ça fait souffrir. Et là, on est sur la même échelle que celle de l’amour, car si on ne se sent plus ni blessé, ni rejeté, ni dévalorisé et qu’on en vient à se sentir apte, accepté et valorisé, alors la victimité (la souffrance psychologique) s’efface au profit de l’amour.
Et vu que le rejet social active les mêmes circuits que la douleur physique (Cfr. études d’Eisenberger, 2003 ; et Lieberman, 2013), on pourrait aller jusqu’à dire « là où il y a du manque d’amour, il y a de la douleur ». La victimité, ce n’est pas juste “avoir mal” : c’est être isolé dans la douleur. L’amour, ce n’est pas juste “se sentir bien” : c’est être accueilli dans la vie et reconnu dans son être.
L’amour pourrait être vue en fait comme une force d’intégration. Lorsqu’on s’écarte ou que l’on chute de cette force, on peut se laisser séduire par sa rivale, la force de désintégration, qui nous fait du gringue avec du ressentiment.
Le déformeur de l’amour : l’idéalisation
Le mot « amour », lorsqu’il est utilisé pour parler du phénomène de la passion amoureuse sous-entend une notion plus forte que « aimer » et introduit le phénomène de la fascination piègeuse.
« tomber amoureux de », c’est « sur-aimer ».
Cela se produit lorsqu’il y a asymétrie entre l’apport réel de l’objet d’amour pour notre puissance existentielle et notre attrait-attachement pour celui-ci.
Il y a ici un phénomène de fascination qui monopolise notre volonté le temps de l’effet de l’enchantement.
Quand on idéalise, on se donne la possibilité de mal tomber amoureux, et donc de souffrir :
- d’attentes pénibles
- de frustrations
Dans le fait de tomber amoureux, il peut y avoir une forme de spéculation affective, qui excite notre système d’attraits et déséquilibre notre cognitivité, notre émotionnalité et notre capacité à bien appréhender l’avenir.
Comme toute spéculation, cela mène inévitablement à une crise, voire à un crash. Le crush amoureux peut donc engendrer un crash affectif…
Le carenceur de l’amour : l’agitation mentale
En gros, soit on peut parfois le ressentir trop fort, soit on peut le ressentir insuffisamment.
Si l’excès d’amour est concomitant avec l’idéalisation, qu’est-ce qui pourrait être concomitant avec sa carence ?
La désidéalisation ?
Non. La désidéalisation, bien qu’atténuant la fascination, est aussi protectrice contre les trop-vides et les trop-douloureux post-fascination. Elle semble en réalité le seul médicament cognitif existant pour se prémunir contre cette pathologie.
En revanche, la carence en amour est concomitante avec l’agitation mentale. Quand on se perd dans des boucles de pensées maltraitantes qui nous éloignent de notre habitat sain et naturel : le corps non agité.
A force, on peut en arriver à s’habituer aux mauvaises sensations et on n’arrive alors plus bien à retrouver le cheminement cognitif vers le bien-être et donc vers l’amour de vivre.
Heureusement, il existe selon moi des remèdes à la désensibilisation amoureuse dont le principal semblerait être : la méditation
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