Où va le monde et que peut-on faire pour l’aider à aller dans le bons sens ?

Nous vivons dans un monde de complexité croissante.
La puissance cognitive, technique et symbolique de l’humanité ne cesse d’augmenter, repoussant sans cesse les limites du possible, tant sur le plan individuel que collectif.

Cette puissance est ambivalente.


Certains s’en saisissent pour produire du progrès — intellectuel, philosophique, technique, artistique ou politique.

D’autres la détournent au service de leurs intérêts particuliers.

La majorité, quant à elle, la subit plus qu’elle ne la maîtrise, oscillant entre adaptation contrainte, résistance et désorientation.

La question centrale devient alors : qu’est-ce qui se joue réellement dans le monde contemporain ?

Des besoins humains universels, des accès profondément inégaux

Nous naissons tous dans des milieux déterminés — familiaux, sociaux, culturels, économiques.
Ces milieux conditionnent fortement nos enjeux existentiels.

Se sentir bien dans le monde suppose une relative adéquation entre ce que nous sommes, ce que nous désirons et ce à quoi nous avons effectivement accès.


Or, tout être humain a besoin, à des degrés variables, de :

  • conditions matérielles stables et dignes ;
  • relations affectives suffisamment sécurisantes ;
  • une vie sexuelle et relationnelle vivifiante ;
  • des activités porteuses de sens et de plaisir ;
  • un rôle social reconnu comme estimable ;
  • une vie intellectuelle et sensible nourrissante.

Historiquement, l’accès stable à l’ensemble de ces dimensions a été réservé prioritairement aux classes dominantes, ou à des individus ayant acquis une forte autonomie sociale, économique ou symbolique.


La structure des sociétés produit donc une inégale distribution des possibilités d’épanouissement, bien au-delà des seuls mérites individuels.

Enjeux collectifs et enjeux individuels : deux niveaux indissociables

Sur le plan social et politique, l’enjeu est de libérer les classes dominées de conditions d’existence qui entravent le développement humain. Cela implique de réduire les formes d’aliénation économique, culturelle et symbolique, afin de permettre une autonomie individuelle et collective réelle, plutôt qu’une simple injonction à la responsabilité personnelle.

Sur le plan individuel, il s’agit aussi de se donner les moyens d’accéder à des milieux plus favorables à son épanouissement.
Cela passe notamment par :

  • la connaissance, qui élargit le champ de compréhension et de choix ;
  • l’apprentissage et l’expérimentation, qui transforment les potentialités en capacités reconnues ;
  • les pratiques de présence et de réflexivité (comme la méditation), qui facilitent l’ajustement intérieur aux transformations extérieures et permettent d’habiter plus consciemment les postures auxquelles on aspire.

Ce qui dysfonctionne dans le monde actuel

Plusieurs dynamiques problématiques se conjuguent :

  • les rapports de domination, qui produisent exploitation, aliénation et formes contemporaines de servitude
  • les dynamiques de destruction écologique, qui rappellent brutalement la dépendance de l’humain à son milieu de vie
  • l’intensification de la compétition et de l’innovation, qui génère une accélération continue des rythmes de vie et une surcharge mentale chronique

Si l’innovation est un moteur essentiel du progrès humain, la compétition insuffisamment régulée tend à produire plus de souffrance que de solutions.

Le rôle différencié des formes d’innovation

Toutes les innovations ne jouent pas le même rôle.

  • L’innovation sociale et politique devrait viser l’émancipation, la réduction des injustices et l’augmentation des capacités réelles d’agir des individus et des collectifs.
  • L’innovation technique et technologique devrait répondre durablement aux besoins matériels et organisationnels, sans exploitation ni externalisation des coûts sur le vivant ou les générations futures.
  • L’innovation intellectuelle et artistique a pour fonction d’explorer de nouvelles manières d’exister, de sentir, de penser et de se relier au monde.

C’est dans cette dernière que se joue une dimension souvent sous-estimée : la capacité à habiter la puissance humaine sans s’en sentir écrasé.

Vers une réappropriation consciente de notre puissance

Le défi contemporain n’est pas de ralentir par peur, ni d’accélérer par hubris.
Il est d’apprendre à jouir lucidement de ce que nous produisons, sans en devenir les esclaves.

Ne plus être dominés par nos propres créations techniques, économiques ou symboliques.
Ne pas renoncer à la puissance, mais l’inscrire dans une trajectoire de soin du vivant, de justice et de sens.

Aider le monde à aller dans le bon sens commence peut-être par là : s’émanciper.

Et se poursuit sans doute ici : se confronter.

2 commentaires sur “Où va le monde et que peut-on faire pour l’aider à aller dans le bons sens ?

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  1. Article très intéressant. Je dirais simplement qu’on a peut-être pas à libérer les classes dominées de leurs conditions de vie mais à participer à cette libération (ne pas être l’acteur à la place mais acteur avec) et que derrière les trois enjeux qui « clochent » il y a un système qui favorise l’égotisme, c’est à dire le déni du collectif, d’autrui, du faire et prospérer ensemble. À un niveau individuel mais aussi à un niveau institutionnel.
    Quoi que l’on fasse dans le système pour le rendre simplement naturel et humain, c’est récupéré dans un but économico-égotique (ne rapporter de l’argent qu’à une minorité) au détriment des objectifs énoncés (voir tout le «verdissage» des produits pour rentrer dans cette nouvelle niche pour qu’elle rapporte)

    je n’ai pas de réponse sur « ce qu’il faut/drait » en dehors du « chacun peut faire sa part à sa mesure » et ensemble

    chaleureusement

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