Qu’est-ce que la liberté ?

La liberté est l’absence de contraintes dans la détermination de nos actions. La liberté est et restera un idéal. Idéal qui permet de mettre en perspectives nos attaches et privations actuelles afin de se donner le pouvoir relatif d’agir vers plus d’épanouissement.

Et chez l’humain il ne peut y avoir d’épanouissement personnel sans une liberté d’agir suffisante.

Le faux-problème de « la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres »

Si l’idéal de liberté prime comme valeur absolue : celle-ci pose le problème de la liberté de nuire. Profiter d’autrui ne doit pas être une liberté octroyée. Profiter d’autrui n’est pas une liberté mais une volonté de soumettre. Et la soumission, par nature, est contraire à la liberté.

L’idéal de la Liberté ne peut être un idéal anarchique car il est la condition au développement des tyrannies. L’anarchie, c’est l’animalité foncière de l’Homme qui la désire. Et l’animalité est en proie au déterminisme biologique de nature. Et la Liberté est dans son absolu : ce désir de s’affranchir de toutes ses conditions et de toutes ses nécessités, loi de la nature y compris.

Mais il faut aussi relativiser, car dès que nous parlons d’Idéal, il y a toujours un côté fasciste qui ressort. La Liberté ne doit pas être la valeur absolue de l’humanité, car il y a du bon dans notre animalité. Toute valeur mise au 1er rang engendre de la tyrannie…

Ne faudrait-il pas penser une démocratie intérieure dans nos valeurs et nos idéaux ? De penser une dialectique entre l’Ordre et le Plaisir ? Entre le Partage et le Mérite ? Entre la Liberté et l’Efficacité ?

Liberté extérieure versus liberté intérieure

Dans le champ politique, la liberté acquise par la lutte des populations soumises a permis de faire progresser la loi vers plus de justice sociale. Et cela a eu pour conséquence : une amélioration des conditions de vie de la classe populaire.

L’amélioration des contre-parties liées à une meilleure négociation d’une soumission, n’est pas cependant développement de la Liberté pour le Peuple mais de la Justice. Les luttes et les révolutions sont moins destinées à se libérer des déterminations sociales qu’à rééquilibrer le partage des richesses entre la force mobilisatrice et coercitive des puissants et la capacité de nuisance des plus faibles.

Mais comment aller plus loin qu’un rééquilibrage plus ou moins juste ? Comment transformer la capacité de nuisance en autonomie, en aptitude à faire quelque chose de bon avec sa liberté ?

Donner une liberté ne suffit pas, une autorité qui donne une liberté sans fournir les moyens de sa réalisation est foncièrement inutile et surtout générateur d’une plus grande frustration. Aller voir un gamin des rues qui veut devenir Président de la République, PDG ou chercheur et lui répondre que nous sommes en démocratie et qu’il s’agit pour lui que d’une question de volonté est faux et irritant. Il souffrira d’un manque de moyens économiques et éducationnels. Et si jamais il arrive à atteindre son rêve, il aura à souffrir et à se surmonter beaucoup plus que ce gamin issu des classes aisées.

Imaginons dès lors que nous passions, du jour au lendemain, de notre société à une civilisation qui partage les richesses sans avoir recours au facteur d’hérédité et que tout individu de cette société utopique reçoive les mêmes moyens d’accomplir ses rêves. Ceux qui se donneront les moyens intérieurs (la volonté et la détermination) d’arriver à leurs fins seront les véritables gagnants. Néanmoins, le poids des cultures du milieu dans lequel nous avons grandi sera toujours présent et limitera le potentiel d’épanouissement de certains qui seront toujours « trop castrés » par la reproduction des éducations parentales soumises à leurs enjeux de classe.

Le manque de liberté et des moyens de cette liberté (dont la légitimité sociale) s’imprime dans la psyché des individus et ce passif psychologique les rend moins aptes à l’épanouissement même si les conditions de cet épanouissement est enfin donné. C’est ainsi que dans cette civilisation idéale il faudrait y prévoir un plan de guérison et de rééducation sociale… Mais là on se rapproche peut-être du « meilleur des mondes » d’Aldous Huxley et cela commence à ressembler à du totalitarisme.

Individuellement, la liberté donnée semble inutile s’il n’y a pas désir intérieur d’aller vers cela qui nous passionne et nous transcende. Où le développement de sa liberté existentielle passe par la volonté de libération de notre être des facteurs psychologiques limitants comme le manque d’estime de soi et la peur de perdre ou de ne pas y arriver.

L’idéal de la liberté personnelle nous incite donc et nous pousse au courage d’agir vers Soi. Et cela passe par la prise de liberté vis à vis de la norme et par la distanciation envers l’intérêt de ceux qui nous limitent dans une position sociale qui les avantage.

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