Comment ne plus avoir de pensées négatives ? – Tuto

Bien souvent le train de la pensée, alourdi par le poids des wagons de notre charge mentale et alimenté par la frustration, déraille. Il prend la pente vibrante et douloureuse des mécanismes psychiques d’auto-souffrance. Ici, l’imagination penche vers des envies destructives à répétition, des prétextes puérils d’abandon face à une situation que l’on doit affronter et qui nous fait envisager les pires scénarios…

Cela nous arrive à tous de dérailler un peu et parfois le train de la pensée négative à force de sillonner dans la vallée de la mort et du ressentiment fini par générer dans notre psyché une habitude dépressive.

Mais pourquoi est-il si difficile de freiner ce mécanisme psychique de souffrance et de nous faire embrayer sur une voie de pensée plus heureuse ? Je vais essayer d’en démêler ici les rouages avec vous.

Vers où nous entraine une pensée qui déraille ?

Une pensée négative nous entraine vers la paralysie existentielle, attitude où l’on se sent gâcher son existence dans une conduite d’abandon face à nos engagements ou en tout cas, face à ce qu’il serait bon ou bien de faire.

Cette conduite d’abandon (à quoi bon ?, qu’est-ce que ça me saoule…, quelle loose…) est très souvent accompagnée d’addictions comme compagnons de voyage. Addictions dont les excès entrainent dépendance, culpabilité, repli sur soi et sentiment de gâchi de notre existence.

Il y a les compagnons de divertissements et de sensations fortes : excès de tv, séries, jeux vidéos, malbouffe, addictions sexuelles dont porno et masturbation, jeux d’argent, achats compulsifs et peut-être aussi sport et travail pour certains.

Et il y a les compagnons de soulagement qui nous entrainent dans la vallée de la fuite chimique avec les drogues : tabac, alcool, cannabis, cocaïne, méthamphétamine, extasie, héroïnes…

Plus l’on consomme des divertissements ou des substances qui nous font fuir nos contraintes et nos obligations et plus notre existence a des chances d’avoir plus ou moins déraillée.

Comment déraille t-on ?

Le déraillement de la pensée qui entraine souvent avec elle notre bonne volonté et des mécanismes de fuite dans des activités inadaptées voire des addictions commence très souvent par un état de stress. Cet état de stress va enclencher en nous un mécanisme psychique de projection imaginaire pour faire face à la situation afin de nous faire revenir à un état moins stressant.

Quand on est sur de bons rails, la pensée nous fait imaginer la série d’actions qui résoudrait techniquement ou socialement dans la vraie vie le problème générateur de stress. Quand on est là et qu’on se met tout de suite en mouvement, tout va bien.

Mais voilà c’est sans compter sans l’aiguillage de notre manque de confiance en nous ou notre fatigue du moment qui nous fait imaginer le côté obscur et impuissant de la force. C’est dans ce chemin d’impuissance que va apparaitre un imaginaire destructif qui caricature la situation et nous enferme intérieurement dans un mécanisme de pensées négatives et qui va nous faire emprunter une autre option pour faire face à l’état de stress qui nous traverse : et si je fumais une clope, et si je me buvais un petit verre, et si je me faisais un petit plaisir…

Il est vrai que cette voie est assez efficace pour atténuer la pression douloureuse du stress. Mais quand on choisit cette option, c’est la fuite que l’on choisit. Et à chaque fois que nous choisissons l’option de la fuite : nous enlevons un potentiel de puissance ou de mieux-être durable à notre existence.

En fait, face au stress, il y a trois manières de réagir : la fuite, l’acceptation ou la confrontation.

Lorsque je décide de fuir mon stress dans le divertissement ou le soulagement : c’est le choix de la jouissance facile que je fais et où se trouve au bout du chemin la déception face à mon entourage et les relations dont lesquelles il y a de l’engagement.

Lorsque je décide d’accepter la situation en choisissant l’option première, lucide et laborieuse, de m’activer dans la vraie vie pour désactiver le stimuli source de stress (en me soumettant à ce que la situation demande de moi par la série de taches à réaliser que me propose ma charge mentale) : c’est le choix de l’apaisement actif que je fais et où se trouve au bout du chemin la fierté face à mon entourage mais aussi la fatigue et l’ennui d’une vie de soumission.

Lorsque je décide de me confronter à la situation en choisissant l’option de la suppression directe de la source de stress dans la vraie vie (en négociant avec ceux et celles qui l’on activée ou en trouvant une manière active et contournante de la supprimer par le recours à d’autres fournisseurs de stress dont la soumission nous paraitra moins douloureuse) : c’est ici le choix de l’affirmation de soi que je fais et où se trouve au bout du chemin une locomotive plus puissante avec des perspectives de chemins de vie plus nombreuses et plus réjouissantes et où le stress nous paraitra plus digeste. Attention, ici, certains compagnons de voyage risquent d’être laissés de côté.

Pourquoi déraille t-on ?

On déraille parce qu’il y a de la douleur quelque part.

Cette douleur peut être purement issue de l’extérieur, par du maltraitement que l’on nous impose ou que l’on s’impose à soi-même quand nous sommes pris dans un mécanisme d’engagement dans des relations intimes et ou professionnelles et/ou commerciales toxiques.

il y a souvent des petites douleurs dans l’existences, on se frotte au monde, ça pique un peu, c’est normal. Mais parfois ces petites piqures s’amplifient en souffrance de vivre car elles évoquent et réveillent des blessures passées plus profondes, sources d’anxiétés existentielles. Ces blessures mal comprises, mal soignées vont engendrer un sentiment « de subir » plus fort et nous pousseront souvent à nous maltraiter ou à maltraiter les autres. Pour éviter cela nous pourrons comme vu plus haut, fuir la souffrance dans des addictions divertissantes ou soulageantes propices à l’abandon et la désaffirmation négative de soi.

Comment mettre notre pensée sur de bons rails ?

Plus l’on détecte tôt le mécanisme de la pensée qui déraille vers des pensées négatives, destructives ou paranoïaques, plus l’on aura de chance de s’offrir une correction vers une pensée plus positive tournée vers la création et le dépassement des difficultés et ainsi éviter le gâchi des actions automatiques (inconscientes) qui nous mènent vers la reproduction de conduites addictives.

Il faut rester vigilant et prendre conscience de notre mal-être qui nait de ces types de pensées négatives et venir débrayer de plus en plus tôt et de plus en plus fort ce train de la pensée qui fait souffrir. Cela s’acquiert avec le développement et le renforcement de notre conscience et la capacité méditative à se détacher de notre flux de pensées.

Mais débrayer, ce n’est pas tout, il faut pouvoir embrayer sur un mécanisme positif qui enclanchera une pensée tournée vers la réalisation. A chaque réorientation de la pensée et de l’action vers des mécanismes de réalisation entrainant fierté ou puissance, c’est une nouvelle voie qui s’ouvre, de plus en plus facile à emprunter et c’est l’ancienne voie qui s’efface.

Facile, allez vous me dire, et oui trop facile, je suis d’accord avec vous.

La pensée positive ne s’invente pas, surtout quand la souffrance et sa puissance de gravitation entraine nos pensées dans l’obscurité. En fait il y a une étape intermédiaire entre la pensée négative qui nous pousse à la fuite et la pensée positive qui démêle la bonne part d’acceptation et de confrontation à employer dans sa vie : il s’agit de l’étape de la compréhension de ce qui nous fait souffrir.

La première chose à penser quand ça ne va pas, c’est : où, quand et pourquoi ça pique ?

Dans ma tête ? Dans mon ventre ? Dans mon dos ?

Quand je dois faire ça ? Quand je fais ça ? Quand j’entends ça ? Quand on me fait ça ?

Parce qu’il y a de la frustration, de l’injustice, de l’incapacité, du laisser aller ?

Une fois qu’on a saisi où se trouve l’épine et quand la douleur s’active, il faut découvrir la situation subie qui est attachée à cette douleur.

Par exemples :

J’exerce une activité qui génère plus d’insatisfaction que de satisfaction

Il y a une faiblesse ou une maladie que les autres ne comprennent pas

J’ai accepté un rôle, une mission, un service ou une tâche que je n’aurais pas dû

Une fois qu’on sait précisément la situation subie qui nous fais penser négativement, souvent en boucle et qui nous pousse parfois vers des addictions : il faut lister les manques associés aux difficultés qui sont à l’œuvre dans cette situation.

par exemples :

Manque d’affirmation de soi quand je dois passer un coup de fil

Manque de perspectives positives liées à telle ou telle affaire

Manque d’énergie liée à une maladie…

Ensuite je liste les besoins vis à vis « du dehors » et les besoins vis à vis « du dedans » liés à cette situation qu’on subit et qui nous fait souffrir. L’une se concentre sur les besoins concrets d’action sur la situation pour diminuer mon stress activement. L’autre sur les besoins en ressources pour mieux gérer intérieurement la situation.

Exemples de besoins du dehors :

Besoin d’abaisser le niveau d’attentes de lui ou elle, d’eux ou elles

Besoin de réadapter la démarche à l’enjeu

Besoin de m’investir d’avantage dans une démarche de structuration et de discipline collective

Exemples de besoins du dedans :

besoin d’agir sur ma confiance en moi

besoin d’un ancrage moral, spirituel ou politique

besoin d’accepter telle ou telle faiblesse

besoins de repos et de décompression

Et pour finir la séquence de réorientation de la pensée, il faut désormais la mobiliser vers la confection de deux plans pour agir sur la situation subie afin qu’elle puisse devenir situation sous contrôle.

Le premier plan concerne celui de l’action dans la vraie vie (dans le dehors) : que dois-je faire pour ne plus subir la situation sans avoir à la fuir, dans quelle mesure l’accepter ou m’y confronter ?

Le second plan concerne celui de l’action sur soi (dans le dedans): que dois-je faire intérieurement pour moins souffrir de cette situation ? Par l’acceptation de la souffrance telle qu’elle est en attendant le soulagement par le plan d’action dans la vraie vie ? Ou par la confrontation avec l’émotion refoulée, par le contact psychique avec la peine emmagasinée et le pardon nécessaire à la guérison ?

Et enfin, décider d’agir et préparer tranquillement sa réorientation. Et quand elle implique le désengagement vis à vis d’un ou une autre : le faire au bon moment et avec le plus de bienveillance possible et un centrage maximum sur son affirmation positive de soi. C’est à dire une affirmation qui n’attaque pas l’autre, en expliquant son retrait ou son réinvestissement sous conditions à partir de sa propre douleur et de sa propre souffrance et de ses propres désirs et de ses propres souhaits. Et non pas à partir du maltraitement de l’autre même si cela est peut-être vrai, car jusqu’à présent, nous portions la responsabilité d’accepter de l’avoir subi (si c’était dans le cadre d’un consentement).

Pour résumer, quand il y a des pensées négatives, vous pouvez utiliser cette méthode en 9 étapes : « Conscient des causes, si tu manques dehors, dedans : deux plans« , un peu exigeante mais efficace

1/ Augmenter son niveau de conscience de sa pensée négative – la détecter de plus en plus tôt

2/ Respirer, brayer ce mécanisme psychique de souffrance par la pleine conscience

3/ Rechercher les causes de cette pensée négative – qu’est-ce qui pique, où ça pique, quand ça pique, pourquoi ça pique ?

4/ Trouver la situation subie qui génère douleur et souffrance

5/ En lister les manques et difficultés associés

6/ Lister les besoins du dehors nécessaires pour corriger la cause de la souffrance concrètement

7/ Lister les besoins du dedans nécessaires pour mieux vivre les difficultés

8/ Faire un plan d’actions que l’on va opérer dans la vraie vie

9/ Faire un plan actions que l’on va faire pour agir sur soi

Puis préparer positivement et sans précipitation votre communication avec les personnes qui seront impactées par notre réorientation

1/ Conscient 2/des(braye) 3/causes, 4/ si tu(ation) 5/ manques 6/ dehors, 7/ dedans, 8-9/ (deux) plans 😉

Je vous partage ici un doc Excel qui pourra vous aider dans cette démarche :

Bonne locomotion à tous.tes et n’oubliez pas que le désir fait avancer même si ça fait un peu souffrir parfois.

Et pour le voyage, un article intéressant et complémentaire sur le sujet : https://www.psychologies.com/Moi/Se-connaitre/Comportement/Articles-et-Dossiers/Calme-mode-d-emploi-comment-stopper-nos-pensees-negatives

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