De la volonté de dominer

Il n’y a pas de vie sans domination. Tout individu cherche naturellement à dominer son milieu. S’il ne le faisait pas, il se condamnerait. Vivre c’est avant tout vouloir vivre et pour l’humain : vouloir exister. Où dominer ce n’est pas forcément faire souffrir mais plutôt trouver les aptitudes à jouir au mieux de ce monde qui nous nourrit.

Tous les rapports entre individus sont gouvernés par des enjeux de pouvoir

Être un individu, c’est faire partie d’un groupe d’origine qui nous a donné la vie et porté dans nos débuts.

Et l’individualité, c’est être porté par une volonté propre d’émancipation, d’exploration et de possession qui nous pousse à sortir du cocon et à voler de nos propres ailes. Cette pulsion d’individuation qui engendre l’ego qui se construit une personnalité et qui nous défend face à ceux qui cherchent à nous diminuer psychologiquement.

Nous cherchons le pouvoir car notre corps préfère être servi que de se servir ou de servir les autres. Et qu’on le veuille ou non, l’asservissement engendre le pouvoir qui permet la richesse. Que ce soit de la richesse de possession matérielle (patrimoines et tribus) ou immatérielles (connaissances & sentiments). Au final, ce que nous cherchons tous, c’est de jouir de la vie. Et ce vouloir jouir engendre la compétition inter-individus car pour jouir il nous faut des objets et des sujets et il n’y a pas du gâteau pour tout le monde, ou tout du moins pas de la même qualité…

Être dans son individualité, c’est jouer le jeu  » de la meilleure part du gâteau ». Cependant pour dominer sa vie, l’individualité ne suffit pas, car se laisser dominer par elle, c’est nuire à une part de notre nature qui aime à partager. C’est ainsi qu’en l’humain se joue une tentative de domination de l’esprit sur sa nature instinctive.

L’altruisme est une volonté d’intégration collective, qui développe dans notre esprit, une propension à dominer notre nature instinctive

L’amour est l’expression la plus puissante et jouissante du vouloir vivre. L’amour est en cela une force psychique tournée vers la possession d’un sujet ou d’un objet. L’amour, c’est se sentir capable d’obtenir et de vivre par delà soi-même, dans un groupe voire dans un Tout. En cela il y a une forme de désindividuation, d’attacher son être à autre chose que juste soi.

Ce « juste soi » qui est insuffisant pour l’Intention Vitale de renouveler et « d’éterniser » l’existence… L’amour tend à réassembler ce qui a été séparé tout en continuant son exploration de tous les possibles existentiels.

Ainsi l’amour participe de la volonté de puissance du monde. Et l’amour n’est pas naturellement altruiste. L’altruisme est une valeur culturelle qui a pour fondement la solidarité, le collectif, le besoin d’être aimer propre à notre penchant nourricier qui permet le groupe.

Mais c’est lorsque l’altruisme est exacerbé par le religieux qu’il devient névrotique. Tout n’est pas bon à aimer, il y a aussi des choses pour lesquelles il faut se battre.

Individualité versus socialité

Individuellement, le gros problème avec la volonté de dominer, c’est de ne point y arriver… Ou obtenir des choses au détriment d’autres, par exemple, acquérir plus de pouvoir ou plus de fric mais y perdre en amour d’autrui.

Ou survaloriser sa puissance personnelle et ne pas trouver sa place dans la société.

Ce qu’il y a de triste dans la volonté de dominer c’est qu’elle se limite pour la grande majorité, dans une mesure souvent très limitée à son groupe, sa tribu, sa famille. Nous avons tous au cœur de nous un penchant pour la dictature (voyez les réactions d’un enfant qui découvre la frustration) et ce qu’il y a de pire c’est que parfois des individus y accèdent à l’échelle d’une organisation, d’une nation, d’un empire.

Pour guérir notre Tyran intérieur : la psychanalyse, pour guérir le Tyran extérieur : la Justice.

Lorsque l’on fait partie comme moi – comme la grande majorité des habitants de cette planète – des dominés, nous sommes quelque part condamnés à l’humilité. C’est à dire à la répression et au refoulement de notre volonté intime de Puissance.

Pour s’en sortir, il y a l’humilité et l’effort, ces deux force du soumis qui s’octroie du pouvoir par la loyauté à une puissance qui le dépasse : une entreprise, une institution, une armée, un syndicat, une asso, un parti, une mafia, une secte…

 

7 commentaires sur “De la volonté de dominer

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  1. Bonjour, merci pour cet article, mais votre réflexion me parait incomplète. A mon sens il manque notre part spirituelle. En effet l’humain a ce besoin de dominer pour se sentir en sécurité. mais c’est là son évolution la plus primitive. Si l’humain parvient a évoluer vers sa nature véritable, et trouver l’équilibre entre sa part spirituelle et sa part physique (entre ciel et terre), alors le besoin de domination (la peur et l’ego) s’efface pour laisser la place a l’acceptation (amour). c’est le processus d’individuation sans fin, la spirale, le mouvement de la vie. Cordialement. Jennifer

    Aimé par 1 personne

    1. Bonsoir et merci pour ce commentaire,

      Il est en effet intéressant d’opposer domination et acceptation.

      Je vous rejoins à 100 % sur le fait qu’il vaut mieux être dans l’amour que dans la volonté primaire de dominer.
      Je vais creuser l’aspect spirituel de la chose…

      Mais il me semble que même dans le domaine spirituel (les choses de l’esprit), la volonté de dominer est présente : beaucoup cherchent à trouver la voie spirituelle la plus puissante pour expliquer et donner sens à son existence. Mais peut-être que la « spiritualité » est justement cette volonté de se détacher de l’esprit de conquêtes en donnant sens et amour plutôt que pouvoirs et admirations…

      Bien à vous

      J'aime

      1. je ne parle pas ici d’acceptation soumission. mais acceptation lâcher prise après la lutte avec ce qui est… et ainsi sortir du besoin de contrôle et de peur. l’acceptation c’est reconnaitre ou se situe mon libre arbitre.
        et la spiritualité n’est pas un domaine, mais ce que chacun de nous à en soi, l’esprit, la pensée. il n’y a pas de séparation entre le corps et l’esprit. Mais je crois que c’est la que ce situe aussi notre subjectivité, vous donnez peut être un sens différent au mot domination et soumission que moi. Pour ma part ce sont des mots qui rejoignent l’animalité de l’homme, et qui ne correspondent pas à un homme maitre de lui et qui sait maitriser cet instinct primaire, et qui ne se sentira donc ni supérieur ni inférieur à quiconque mais égal à l’autre. Cordialement.

        Aimé par 2 personnes

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