D’où vient l’autorité ?

L’autorité est l’instance qui permet de prendre des décisions et de « faire faire ». Cette instance existe à l’intérieur de nous (ce que je dois faire et ce que je m’interdis de faire) et autour de nous (ce qui a du pouvoir sur moi).

Les autorités définissent les objectifs à atteindre et les règles comportementales de manière plus ou moins explicite.

Découvrons les différentes formes d’autorités et en quoi elles nous sont plus ou moins néfastes ou utiles.

« L’autorité naturelle »

Il existe dans ce monde un système de pouvoir naturel orchestré par ce qu’on pourrait appeler « la loi du plus fort ».

Dans le monde biologique et animal règne un principe indestructible : les individus les plus aptes, dominent. Ce principe pousse naturellement les dominants à user de leurs capacités pour s’avantager.

un second principe est à l’oeuvre dans la nature et vient contre-balancé dans une certaine mesure les enjeux individuels de pouvoirs et de possessions : l’instinct de survie et de continuation des espèces. Ainsi un dominant protégera un proche d’un plus lointain et un parent ne tuera pas son petit parce qu’il le gène ou lui fait concurrence, mais lui apportera naturellement nutrition et protection.

Les parents, en cela, ont le pouvoir de nous faire vivre et de nous permettre de nous développer. Ce pouvoir fait autorité. Cependant l’individualité et la force parentale attendra plus ou moins consciemment un retour pour l’énergie et l’affection qu’il donne au delà de son propre intérêt.

Chez l’humain, dans ce « retour » il y aura :

  • des règles et des limites
  • des devoirs
  • des traditions

La distribution de récompenses affectives ou de sanctions punitives obligera l’enfant à s’y conformer. Cette conformation construira le parent de demain qui aura intériorisé les comportements appris par nécessité de survie physique (nourriture et confort) et psychologique (amour et valorisation).

L’autorité forcée

Il existe dans ce monde des formes de pouvoirs abusifs orchestrés par ce qu’on pourrait appeler « la loi du tyran ».

Le tyran est celui ou celle qui abuse de son pouvoir. Où abuser de son pouvoir, c’est nuire au développement d’autrui et donc du groupe. User du pouvoir de contraindre au delà de ce qui est nécessaire (protéger et rendre plus apte) fait sombrer l’autorité positive en autoritarisme.

L’autoritarisme est le fruit acide et piquant du manque d’affection et de structuration des individus. Il est le symptôme de mal-nutition voire de mal-traitance de la conscience des individus.

Un mauvais parent engendrera, sans développement de conscience (compréhension), un mauvais parent et le cycles des autorités néfastes se reproduira… La tyrannie bride le développement et empêche l’épanouissement spirituel du groupe et des tyrans eux-mêmes.

L’autorité confiée

Il existe dans ce monde des formes de pouvoirs établis qui sont assemblés par ce qu’on pourrait nommer « la loi de la proximité ».

Nous confions des responsabilités aux personnes que nous estimons. Et nous estimons en bien chez les autres ce que nous estimons bien en nous-même. Ainsi la hiérarchie du pouvoir à tendance à se structurer autour du « confieur de pouvoir » et de la proximité d’intérêts et de comportements envers le leader.

Plus ce pouvoir s’estime sur des valeurs binaires et tranchées et plus la société édifiée par se pouvoir sera compartimenté et des phénomènes de classes apparaîtrons.

L’autorité acquise

Il existe dans ce monde des formes de pouvoirs établis qui sont développées par ce qu’on pourrait appeler « la loi de l’individualité ».

Collectivement, une société se construit fondamentalement à partir des trois autorités vues ci-avant. Les principes sur lesquels elle repose font qu’individuellement, nous naîssons avec un potentiel d’autorité sociale propre à notre classe et notre contexte familial. Si je ne remets pas en causes les autorités : je serai le pur produit de ma condition sociale.

L’humain étant doué du sens politique (sens de l’autorité), il a tendance à refuser de se contraindre à des conditions extérieures désavantageuses. Pour cela s’offre à lui deux voies de développement qui en soi, ne s’opposent pas et se nourrissent l’une l’autre :

  • Diminuer son niveau de dépendance en faisant croître son autonomie
  • Agir sur les règles de l’autorité en augmentant sa capacité d’influence

Le premier facteur se réalise par l’apprentissage de l’aptitude et tend vers la fuite et le dépassement du pouvoir existant.

Le second se réalise par le développement de la résistance et tend vers la confrontation avec le pouvoir d’autrui.

L’autorité intérieure

Nous sommes, hors-conscience, la conséquence intérieure de notre environnement extérieur. Plus notre autorité intérieure (ce qui décide, nous interdit et nous mets en action en nous) est remise en question par notre capacité de compréhension et est restructurée par notre mental et plus cette autorité à tendance à s’aligner sur notre « humanité ».  Cette propension à découvrir, jouir et à se développer en respect et en partage.

Il nous faut alors dépolluer nos « êtres » du poids des autorités dépassées et tyranniques, celles-là qui nous limitent plus qu’elles nous servent ou nous protègent…

Ne plus s’enfermer dans les autorités qui ne nous apportent pas suffisamment. Il nous faut savoir les redessiner intelligemment pour « autoriser » l’épanouissement de notre meilleure humanité.

9 commentaires sur “D’où vient l’autorité ?

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  1. Très intéressante vision de l’autorité. Étrangement, ça m’a rappelé Rousseau et son discours sur l’origine de l’inégalité, la différence entre inégalité naturelle (physique) et celle à l’état de société qui peut être néfaste si elle n’est pas en proportion équivalente à celle de l’inégalité retrouvée à l’état de nature. Je perçois l’autorité, comme une forme d’inégalité… mais peut-être ai-je tors 🙂

    Aimé par 1 personne

    1. Bonjour Elizabeth,

      Merci pour votre commentaire.

      Votre parallèle avec le « Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes » de Rousseau suscite mon intérêt.
      Néanmoins je ne connais pas suffisamment cet ouvrage pour en juger.
      Je pense que l’esprit et la sensibilité humaine nous inspire à vivre dans un monde plus juste où la différence est accueillie et respecter et les autoritarismes combattus. L’autoritarisme (l’autorité imposée et maintenu par la force) est une chose à combattre tandis que l’autorité n’a pas de valeur d’égalité ou d’inégalité en soi. L’autorité est naturelle (toute « instance » est amenée à se gouverner donc à se munir d’une autorité qui décide et qui protège), c’est lorsque qu’une autorité avantage certains au détriment du respect de la nature de tous qu’il y a abus de pouvoir et que l’autorité qui en émane doit être « rectifiée ».

      Bien à vous

      Aimé par 1 personne

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